lundi, janvier 07, 2008

L'ETAT QARMATE DU BAHREIN

L’Etat qarmate du Bahrein
L’Etat qarmate qui apparut à la fin du IXe siècle au Bahrein et qui se maintint pendant près de deux cents ans (jusqu’en 1076), fut une entité politique originale dans l’histoire de l’Orient médiéval. Son histoire commença lorsque l’un des chefs de la révolte qarmate, Abu Saïd al-Djannabi, envoyé en Arabie par Hamdan Qarmat (le fondateur du mouvement), s’installa sur la côte orientale de la péninsule pour y établir un Etat, autour de la grande oasis d’al-Hasa. Il y régna pendant une vingtaine d’années, assisté d’un conseil de direction composé de hauts fonctionnaires. A la mort d’Abu Saïd en 913 et jusqu’au milieu du XI e siècle, l’Etat qarmate fut placé sous la direction d’un gouvernement collégial qui réunissait ses descendants ainsi que ceux de ses premiers partisans. La vitalité économique de cet Etat était assurée par les butins des campagnes militaires qarmates, par les droits de douane perçus sur tous les navires qui empruntaient les routes maritimes du golfe arabo-persique, ainsi que par les droits de protection payés par les caravanes du Pèlerinage. L’excédent qui était dégagé de ces diverses opérations, ainsi que l’achat de plusieurs milliers d’esclaves noirs, permit l’épanouissement de cette « société dont l’ordre et la justice suscitèrent l’admiration d’observateurs non-karmates » : les habitants, en effet, « ne payaient ni impôts ni dîme, et toute personne qui s’était appauvrie ou endettée pouvait obtenir un prêt qu’elle pouvait rembourser lorsque sa situation s’était rétablie ; les prêts n’étaient jamais productifs d’intérêts, et toutes les transactions commerciales locales se faisaient au moyen d’une monnaie de plomb purement symbolique. [...]La réparation des maisons était faite gratuitement par les esclaves des dirigeants, et des moulins étaient entretenus par le gouvernement pour moudre gratuitement le blé pour les habitants. » Enfin, « à partir de l’époque d’ Abu Saïd, les prières, le jeûne et les autres pratiques musulmanes furent abolies, mais un marchand étranger fut autorisé à construire une mosquée à l’intention des visiteurs musulmans ».
  • Paradoxe à l’état pur, l’organisation sociale des Qarmates du Bahrein était donc, pour résumer, un sorte de Welfare State esclavagiste, s’appuyant sur une économie parasitaire à l’extérieur et pratiquant à l’intérieur une forme de communisme, le tout sous les ordres d’une dynastie dont la doctrine religieuse avait pour conséquence la laïcisation de la société.

« Depuis les croisades, le Haut-Languedoc était tourné vers l’Orient, et les comtes d e Toulouse étaient comtes de Tripoli ; un commerce actif rapprochant par mer les trois croyances, chrétienne, juive, mahométane, il en résultait quelque chose de pis que l’indifférence en matière de foi, un déplorable syncrétisme de doctrines et de croyances ; enfin les mœurs et la foi équivoques des chrétiens en Terre Sainte, corrompus par le voisinage des infidèles, avaient influé d’une manière notable sur les provinces du Midi. » (Emile Aroux, cité par Alice Becker-Ho, Du Jargon Héritier en Bastardie, pp. 74-75.) La plupart du temps, ce conseil était présidé par l’un des descendants d’Abu Saïd. Ce fut en particulier le cas d’Abu Tahir lui-même, qui était son fils cadet, et qui gouverna de 923 à sa mort en 944.

  • Article « Karmati » de l’Encyclopédie de l’Islam , nouvelle édition établie par E. van Donzel, B. Lewis et Ch. Pellat, Leiden-Paris, Brill-Maisonneuve & Larose, tome IV, 1978, p. 691.

LES ORIGINES ARABES de l'athéisme philosophique Européen ( partie 2 )

  • Après une série d’opérations armées en Irak (pillage de Bassora et de Koufa, attaque des caravanes du Pèlerinage, etc.), en 930, les Qarmates, emmenés par Abu Tahir, parvinrent même à s’emparer de La Mecque ; au bout de huit jours de massacres et de pillages ininterrompus, ils finirent par emporter la Pierre noire de la Ka’bah (qu’ils ne rendirent qu’en 951, brisée en sept morceaux), afin de « marquer de façon tangible la fin de l’ère musulmane » et « l’avènement de l’ère religieuse finale ».


  • L’idéologie qarmate combinait en fait plusieurs éléments : le dualisme gnostique et l’ésotérisme de type néoplatonicien hérités de l’ismaélisme ; la critique, commune à tous les hérétiques, des religions existantes et de l’ordre social qu’elles légitimaient ; le messianisme propre à ceux qui attendent la venue imminente d’un nouveau prophète ; et enfin un programme révolutionnaire de type communiste, prônant la redistribution des terres et la mise en commun des biens, qui lui permit de remporter immédiatement l’adhésion de milliers de paysans, d’ouvriers et d’artisans. On a proposé de voir dans le courant qarmate une résurgence du manichéisme (l’ismaélisme lui-même véhicule des éléments issus d’anciens systèmes religieux iraniens, dont le manichéisme), probablement par l’intermédiaire du mazdakisme, mouvement politico-religieux apparu en Perse au VIe siècle, qui aspirait à une égalité absolue entre hommes et femmes et à l’abolition des classes socio-économiques par une totale communauté des biens.

  • Quoi qu’il en soit, le mouvement qarmate fait irrésistiblement songer aux mouvements millénaristes, communistes et révolutionnaires qui sont apparus en Europe à la fin du Moyen-Age, et dont l’Anabaptisme est resté le plus célèbre . Grâce aux documents sur le mouvement qarmate mis en lumière par Louis Massignon en 1920, l’origine arabo-musulmane du blasphème des Trois Imposteurs est à présent reconnue de tous. Plus récemment, des recherches effectuées par Ahmad Gunny, de l’Université de Liverpool, ont apporté quelques nouveaux éléments à la question . Ahmad Gunny, revenant sur le problème des éditions modernes du Livre des trois imposteurs, a remarqué que ce traité comporte un épisode de la vie de Mahomet qu’on retrouve dans plusieurs ouvrages du XVIIe siècle.

  • Voici cet épisode: afin d’abuser le peuple, Mahomet avait demandé à l’un de ses compagnons de se dissimuler dans une fosse, d’où l' homme parlerait, invisible, afin de faire croire au peuple que la voix de Dieu s’exprimait en faveur de Mahomet.
    Mais un jour, ce dernier, « se voyant suivi d’une foule imbécile qui le croyait un homme divin », et craignant que son complice ne révèle l’imposture, accabla celui-ci de promesses et « lui jura qu’il ne voulait devenir grand que pour partager avec lui son pouvoir, auquel il avait tant contribué ». A force d’arguments et de cajoleries, il finit par le persuader de se cacher à nouveau dans la fosse aux oracles. « Trompé par les caresses de ce perfide, son associé alla dans la fosse contrefaire l’oracle à son ordinaire; Mahomet passant alors à la tête d’une multitude infatuée, on entendit une voix qui disait: “Moi, je suis votre Dieu, je déclare que j’ai établi Mahomet pour être le prophète de toutes les nations ; ce sera de lui que vous apprendrez ma véritable loi, que les Juifs et les Chrétiens ont altérée.” Il y avait longtemps que cet homme jouait ce rôle, mais enfin il fut payé par la plus grande et la plus noire ingratitude. En effet, Mahomet, entendant la voix qui le proclamait un homme divin, se tournant vers le peuple, lui commanda, au nom de ce Dieu qui le reconnaissait pour son prophète, de combler de pierres cette fosse, d’où était sorti en sa faveur un témoignage si authentique, en mémoire de la pierre que Jacob éleva pour marquer le lieu où Dieu lui était apparu. Ainsi périt le misérable qui avait contribué à l’élévation de Mahomet ; ce fut sur cet amas de pierres que le dernier des plus célèbres imposteurs a établi sa loi. »

  • Cet épisode qui doit visiblement plus au plaisir du blasphème qu’à l ’exactitude historique est présent entre autres dans le Dictionnaire historique de Pierre Bayle (1695-1697) et dans l’Apologie pour tous les grands hommes qui ont été accusés de magie de Gabriel Naudé (1635). Or Ahmad Gunny est parvenu à remonter à l’origine de cette histoire qui constitue l’essentiel du passage consacré à Mahomet dans le Livre des trois imposteurs ; et bien entendu, cette origine est arabe. On trouve en effet un récit analogue dans l’Histoire générale du grand historien arabe Ibn al Athir (1160-1233). Des extraits de ses Annales ont été reproduits, en appendice, par le baron de Slane dans sa traduction de l’Histoire des Berbères d’Ibn Khaldoun (1332-1406) ; ces extraits racontent que « lors du siège de Tinmal par le réformateur marocain Ibn Tumart (1078-1130), qui se proclama le “Mehdi” [ mahdi] des Almohades vers 1121, plusieurs milliers d’habitants périrent. Comme les principaux habitants voulurent un raccommodement avec l’émir des musulmans, le Mehdi prit des mesures contre eux et en 1125 il eut recours aux services d’un de ses agents nommé Bashir al Wansharisi. Ibn Tumart montra un feint étonnement et demanda à Bashir ce qui lui était arrivé. Dans une scène qui remplit d’admiration les assistants, celui-ci répondit […] que Dieu lui avait communiqué une lumière par laquelle il pouvait distinguer les hommes prédestinés au paradis d’avec les réprouvés, gens voués à l’enfer. Bashir prétendit même que Dieu avait ordonné à Ibn Tumart de faire mourir les réprouvés et que pour prouver la vérité de ses paroles, il avait fait descendre plusieurs anges dans le puits.

  • Après avoir entendu ces paroles, tout le monde s’y rendit. Ibn Tumart fit alors une prière et prononça ces mots : “Anges de Dieu ! Bashir al Wansharisi dit-il la vérité ?” Des individus qu’il avait fait secrètement cacher dans le puits répondirent oui. Ayant reçu ce témoignage, Ibn Tumart se tourna vers le peuple et lui dit : “Ce puits est pur et saint, car les anges y sont descendus ; aussi ferions-nous bien de le combler pour empêcher qu’il soit souillé par des ordures”. Alors tous les assistants s’empressèrent d’y jeter des pierres : le puits fut comblé. C’est là, d’après Ibn al Athir, une des façons dont Ibn Tumart raffermit complètement son autorité et se débarrassa de 7000 individus qui lui avaient donné ombrage. »

  • D’après Ibn al-Athir, à son époque (c’est-à-dire entre la fin du XII e siècle et le début du XIIIe siècle), il circulait au Maghreb plusieurs versions de la même histoire. Par le jeu du changement continuel propre à la mémoire des récits, il est fort probable que l’imposture d’Ibn Tumart racontée dans le monde arabe soit devenue en Europe l’imposture de Mahomet lui-même, sans qu’on sache à quel moment précis le change s’est produit.
    La translation géographique et narrative de cette anecdote livre donc aujourd’hui la dernière preuve de l’origine arabe de ce que Louis Massignon appelait « la légende De tribus impostoribus ». Et jamais, sans doute, une légende n’aura eu une telle force pratique dans l’Histoire.

  • En effet, le blasphème des Trois Imposteurs procédait pour la première fois à l’attaque du judaïsme, du christianisme et de l’islam sur un même front, autorisant par conséquent le passage de la critique des formes particulières de la religion au combat contre son essence universelle. La place de ce traité mythique dans l’histoire de la philosophie n’est donc pas univoque : il est certes le produit d’esprits qui aspiraient à s’affranchir du pouvoir temporel et spirituel des religions, mais il a aussi contribué, en tant que tel, à produire cette aspiration (et l’énergie qui fut dépensée à le rechercher n’est pas le moindre signe de ce besoin impérieux de liberté).

  • Il a ainsi ouvert la voie de l’athéisme véritable : non pas celui, trop timoré, d’un Diderot ou d’un La Mettrie, mais celui de Jean Meslier (1664-1729), auteur d’un formidable Mémoire tout entier consacré à la démolition des cultes, ou celui du marquis de Sade (17401814), dont la fureur antireligieuse a couvert tant de pages que Gilbert Lely n’a eu aucun mal à en recueillir les éclats sous le titre sans équivoque de Discours contre Dieu.


  • Cet athéisme là portait en lui bien plus qu’un « refus métaphysique des dogmes religieux » : il était « une égale et furieuse réprobation de tout ce qui se présente […] comme une entrave à la liberté native de l’homme, qu’il s’agisse d’une tyrannie d’ordre religieux, politique ou intellectuel ». En un mot, cet athéisme portait en lui la Révolution.
    Par quel chemin le blasphème des Trois imposteurs est-il arrivé à la connaissance de l’Occident chrétien, contribuant ainsi à son bouleversement?

  • Les philosophes arabes invités à la cour de l’empereur Frédéric II l’ont-ils amené avec eux, comme on l’a pensé au Moyen-Age ? L’a-t-on recueilli en Espagne, abandonné par le reflux des troupes musulmanes après les victoires successives de la Reconquista ? Ou les chevaliers provençaux l’ont-ils rapporté de leurs croisades en Terre Sainte ?

  • Toujours est-il que c’est bien la civilisation arabe qui a fourni à l' athéisme européen cette arme cruciale, la première qui fut employée dans une guerre de plusieurs siècles contre les illusions et les infamies de la religion. Et il est plus que jamais nécessaire de le rappeler aujourd’hui, en un moment où les suppôts des imposteurs se disputent la direction des foules sur les lieux mêmes de leurs premiers forfaits.

samedi, janvier 05, 2008

Les origines Arabes de l'athéisme philosophique Européen (partie 1)

LE DE TRIBUS IMPOSTORIBUS
ET
LES ORIGINES ARABES DE L’ATHEISME PHILOSOPHIQUE EUROPEEN

Un livre a hanté l’esprit des érudits du Moyen-Age et de la Renaissance: le De tribus impostoribus, ou Livre des trois imposteurs. Sa thèse, scandaleuse entre toutes aux yeux des autorités de l’époque, était que Moïse, Jésus et Mahomet, abusant de la crédulité publique, n’avaient fait que tromper l’humanité par les moyens de la religion.
La légende veut que ce traité anonyme ait voyagé clandestinement à travers toute l’Europe, à l’état de manuscrit recopié, dès le XIIIe siècle. Tout au long de l’histoire, nombreux sont ceux à qui l’on en a attribué l’écriture : Boccace, Pomponazzi, Machiavel, l’Arétin, Michel Servet, Jérôme Cardan, Giordano Bruno, Tommaso Campanella, Vanini, Hobbes, Spinoza, et plus tardivement, le baron d’Holbach.
Mais le premier à avoir été soupçonné fut l’empereur Frédéric II (ainsi que son secrétaire Pierre des Vignes), qui, en 1239, fut accusé par le pape Grégoire IX d’en avoir exprimé l’idée blasphématoire en déclarant que Moïse, Jésus-Christ et Mahomet étaient les trois plus grands imposteurs qui aient jamais berné l’humanité. Ce livre maudit devint enfin, aux XVIIe et XVIIIe siècles, le manifeste caché de plusieurs générations d’esprits libres, et nombreux furent les philosophes qui le recherchèrent pour le réfuter ou pour y puiser des arguments contre les religions de leur temps.
A ce jour, seules deux versions du De tribus impostoribus nous sont parvenues.
  • La première, sous forme de manuscrit rédigé en latin, date de 1688 ; intitulée à l’origine De imposturis religionum breve compendium et publiée vers 1753 sous la date fictive de 1598, elle est attribuée à Johan Joachim Müller, juriste de formation, qui en composa le texte à l’occasion d’une rencontre académique qui eut lieu à l’université de Kiel.

  • La seconde version du De tribus impostoribus, prétendument traduite du latin d’après un manuscrit volé dans la bibliothèque du Prince de Saxe, est en fait un traité rédigé en français et publié en 1719 en Hollande sous le titre de La Vie et l’Esprit de M. Benoit Spinoza, puis réédité dès 1721 sous le titre de Traité (ou Livre) des trois imposteurs. Cette seconde version est attribuée à Jean Maximilien Lucas (et non à Jean Rousset de Missy, comme l’écrit Raoul Vaneigem dans son édition du Livre des trois imposteurs parue en France en 2002). Tout au long du XVIIIe siècle, les libraires entretinrent la confusion entre cet ouvrage et celui qui était attribué à Frédéric II ou à son secrétaire Pierre des Vignes, afin de réaliser d’intéressantes opérations commerciales aux dépens des bibliophiles et des érudits appâtés par la découverte d’un livre aussi rare que sulfureux. Il a d’ailleurs été récemment démontré que ce Traité des trois imposteurs / Esprit de Spinoza était pour partie composé d’extraits traduits et juxtaposés provenant des Dialogues de Jules César Vanini, de l’Ethique et du Traité théologico-politique de Spinoza, du Léviathan de Hobbes, ainsi que d’autres ouvrages appartenant à la tradition intellectuelle du libertinage érudit – tous ces fragments, qui sont bien sûr reproduits sans indication d’origine, formant un « collage soigneux de textes allant dans le même sens ».
    On ne possède donc pas de version du De tribus impostoribus antérieure au XVIIe siècle, et les témoignages de ceux qui affirment l’avoir eu entre les mains avant 1650 restent malheureusement invérifiables. Beaucoup de spécialistes ont donc conclu à l’inexistence de ce livre, qui n’aurait été qu’une sorte de fantasme collectif auquel le siècle des libertins érudits, et lui seul, aurait prêté une réalité éditoriale.
    Mais, si le De tribus impostoribus n’a probablement jamais existé autrement que par son titre, ce titre lui-même, d’où vient-il ? A qui doit-on l’audace d’avoir refusé d’un même mouvement l’autorité des religions juive, chrétienne et musulmane, et l’élégance de l’avoir exprimé de façon si concise, si frappante ?
  • La réponse à ces questions ne se trouve pas en Europe : le « blasphème des Trois Imposteurs » trouve en fait son origine la plus vraisemblable dans l’aire culturelle arabo musulmane. Au XIXe siècle, on en trouvait déjà l’intuition chez Ernest Renan, et cette intuition s’est vue depuis confirmée et argumentée à deux reprises.
    Dans son ouvrage sur Averroès et l’averroïsme (1852), Renan avançait l’idée suivante : si le XIIIe siècle a pu étudier sous le même rapport les trois monothéismes (et le mensonge qui leur est consubstantiel), c’est parce que l’apparition de l’islam en tant que dernière religion révélée imposait l’analyse comparée de ses dogmes et de ceux du christianisme et du judaïsme. Aux yeux de l’Occident médiéval, c’est ce comparatisme, combiné sans doute avec l’esprit de libre examen des opinions hérité du rationalisme antique, qui a fait passer la philosophie arabe pour une philosophie athée.
  • De là naquit en particulier la légende d’un Averroès incrédule, à qui l’on attribua le mot suivant, fort proche du thème du De tribus impostoribus : « Il y a trois religions […] dont l’u ne est impossible, c’est le christianisme ; une autre est une religion d’enfants, c’est le judaïsme ; la troisième est une religion de porcs, c’est l’islamisme. »
  • En fait, comme l’affirme Renan, « chacun glosait à sa manière et faisait penser à Averroès ce qu’il n’osait dire en son propre nom ». L’épicentre de ce séisme qui ébranla « la base même de la foi » se situait à la cour des Hohenstaufen, devenue « centre actif de culture arabe et d’indifférence religieuse » sous l’influence d’un Frédéric II tout à la fois hostile à la papauté et fasciné par le monde arabe, symbole à ses yeux de la liberté de pensée et de la science rationnelle. Et le blasphème des Trois Imposteurs, selon Renan, résumait en fait ce courant de l’hétérodoxie qui représentait au Moyen-Age « l’incrédulité matérialiste, provenant de l’étude des Arabes et se couvrant du nom d’Averroès ».
  • Les thèses de Renan sur l’averroïsme sont aujourd’hui très discutées ; mais que le De tribus impostoribus puisse avoir partie liée avec la civilisation arabo-musulmane, c’était là une belle intuition, que les recherches de l’orientaliste Louis Massignon confirmèrent en 1920.

  • Dans un article intitulé « La légende De tribus impostoribus et ses origines islamiques », Louis Massignon présente deux documents à l’appui de cette idée.
  • Le premier, donné comme « un texte initiatique dû à une secte musulmane hétérodoxe, les Qarmates », est en fait « une circulaire confidentielle sur la méthode à suivre pour la propagande », envoyée au début du Xe siècle au chef qarmate Abu Tahir al-Djannabi, et qui lui expliquait comment réfuter Moïse, Jésus-Christ et Mahomet en montrant leurs contradictions. Mais le second document, qui en est le résumé modifié dans un ouvrage plus tardif, « nous donne enfin la légende des “Trois Imposteurs” sous sa forme définitive » en attribuant directement à Abu Tahir le propos suivant : « En ce monde trois individus ont corrompu les hommes, un berger, un médecin et un chamelier.
  • Et ce chamelier a été le pire escamoteur, le pire prestidigitateur des trois. » Louis Massignon ajoute : « On reconnaît dans le berger Moïse, le médecin Jésus, et le chamelier Mohammed. C’est la donnée même de la légende des “Trois Imposteurs”, fixée ainsi vers 1080 au plus tard – soit au moins cent cinquante ans avant son apparition dans la Chrétienté occidentale. »
  • Qu’on nous permette ici de faire une digression sur le mouvement qarmate. Né en 907, Abu Tahir al-Djannabi en fut, jusqu’à sa mort en 944, l’un des principaux chefs de guerre. Les Qarmates étaient des ismaéliens dissidents, apparus en Mésopotamie à la fin du IXe siècle, et convaincus du retour prochain du mahdi Muhammad fils d’Ismaïl ; ils s’opposèrent donc violemment aux autorités ismaéliennes fatimides, en refusant de faire allégeance au futur mahdi des Fatimides. Cette opposition devint une insurrection qui se développa par la suite en un large mouvement de lutte contre les doctrines islamiques exotériques et contre les institutions politiques qui s’appuyaient sur elles. Durant le X e siècle, la révolte qarmate s’étendit à la Syrie et à la Palestine, à la péninsule arabique ( Bahrein où fut fondé un Etat qarmate, et Yémen), au Khorasan (Perse orientale) et à la Transoxiane (territoires situés audelà de l’Amou Daria, en Asie centrale), menaçant de déstabiliser tout l’empire abbasside........

par Patrick Marcolini

mercredi, mai 02, 2007

Ségolène Royal le 6 mai

Ségolène Royal le 6 mai

Plan professionnel : les responsabilités que vous exercez sont assez pesantes, vous subissez des contraintes ou des tensions provenant de votre entourage. Les contrats et les accords liés à l'étranger sont favorisés. C'est une bonne vibration pour les activités créatives ou publiques.
Plan matériel : un accord ou un arrangement est possible en ce qui concerne une démarche en cours. N'entreprenez rien de nouveau.
Plan intellectuel : vous connaissez sans doute une phase de créativité ou vous développez de nouvelles connaissances.
Plan affectif : les relations sont orageuses et susceptibles d'aboutir à une séparation ou un divorce. Il peut y avoir une rencontre avec une personne étrangère. Il existe des problèmes familiaux à éclaircir, ou à subir selon les cas.
Plan physique/santé : vous avez sans doute des problèmes émotionnels et de la fatigue nerveuse.
La matinée promet d'être mouvementée : surchargé de responsabilités, vous n'aurez pas le temps de penser à vous. Si vous vous sentez agressé, attaqué, ne réagissez pas, cela risque de durer toute la matinée. Attendez peu de reconnaissance de la part de vos proches à votre égard. Vous constaterez, en revanche, que l'on exigera beaucoup de vous, et ceci sans retour. Perturbé, vous aurez une forte tendance à courir dans tous les sens, sans être constructif.
Méfiez-vous des apparences trompeuses entre 8 heures et midi. Décrochez un peu, même si cela vous paraît impossible. Dans le courant de l'après-midi, cet état d'excitation, d'agitation, cessera pour laisser place à une ambiance agréable, douce et sympathique. Amitié et relations très enrichissantes agrémenteront cette fin de journée.
Toutes les affaires et les actions que vous mènerez, dans le courant de l'après-midi, connaîtront une issue favorable. Si l'on vous doit de l'argent ou si vous devez régler des problèmes avec des amis, de la famille, profitez de la seconde partie de cette journée, placée sous le signe de l'harmonie et de la réconciliation.

Nicolas Sarkozy le 6 mai

Nicolas Sarkozy le 6 mai

Plan professionnel : il y a un ralentissement dans l'activité en cours, mais une bonne surprise reste possible ou alors un accord intervient inopinément. Vous ressentez un sentiment d'isolement sur le plan relationnel.
Plan matériel : un investissement ou une décision matérielle doit être évitée. La période est à la prudence afin d'éviter les pertes.
Plan intellectuel : vous réfléchissez sur le plan professionnel ou matériel ceci est favorisé. C'est une bonne vibration pour les études ou pour effectuer un stage.
Plan affectif : la configuration est assez neutre, mais un accord est possible.
Plan physique/santé : il peut y avoir des problèmes au niveau santé, l'énergie est en baisse. Un traitement doit être envisagé , mais si possible évitez toute intervention importante.
Eh bien, aujourd'hui, le destin va se charger de vous rappeler qu'il ne faut jamais rien négliger ! Le moindre détail omis, le plus petit oubli sera sanctionné ce matin de façon inattendue et soudaine. Evitez d'attendre d'autrui quoi que ce soit, vous serez déçu. Si vous devez déléguer, confier à certains de vos collaborateurs ou de vos proches une mission, soyez très vigilant.
Après cette matinée tendue et stressante, vous passerez dès midi dans un cycle beaucoup plus constructif où, en effet, il semblerait que toutes les démarches de type professionnel aboutissent. Vous serez peut-être même sollicité pour de nouvelles responsabilités. L'investissement dont vous ferez preuve, dans votre vie professionnelle, sera apprécié. C'est une bonne période pour entreprendre et miser sur l'avenir.
Au-delà de 20 heures, des tensions seront à prévoir, notamment sur le plan relationnel. A partir de ce moment, évitez de discuter de problèmes matériels car cette vibration révèle que dans ce domaine, au lieu de gagner, vous perdrez, au lieu d'économiser, vous dépenserez. Alors, soyez particulièrement prudent. Vos démarches n'iront pas dans le sens escompté.

mardi, mai 01, 2007

Ségolène Royal le 2 mai

Ségolène Royal le 2 mai


Plan professionnel : il est préférable de maintenir la situation existante plutôt que de prendre des risques. Les changements ne peuvent de toute façon se faire comme prévu. Il existe des tensions relationnelles dans le cadre du travail.
Plan matériel : il y a des charges qu'il faut assumer surtout à cause de l'entourage. C'est une mauvaise période pour les engagements concrets, sauf s'il s'agit de l'aboutissement d'une affaire en cours ou d'une transaction liée à l'étranger.
Plan intellectuel : c'est un moment de crise intérieure, de confusion dans les idées. Mais, parfois, il existe de bons aspects, surtout sur le plan spirituel.
Plan affectif : c'est une phase de troubles et d'émotions. Une situation en cours peut connaître une crise. Une rencontre passionnelle est possible ou avec une personne étrangère. Parfois, ceci marque la fin d'une union. Une personne âgée de la famille peut donner des soucis.
Plan physique/santé : vous vivez une période de fragilité morale et de pessimisme. Parfois, il y a des risques infectieux. L'énergie est fluctuante.
Le destin exigera de vous, pendant cette journée, beaucoup de confiance. Vous serez confronté à des situations fort contradictoires, dans votre vie relationnelle, particulièrement dans le cadre professionnel. D'une part, vous déborderez d'idées originales qui vous motiveront et, d'autre part, vous serez déçu par le manque de reconnaissance et d'esprit constructif de vos proches collaborateurs.
Cet aspect difficile durera toute la journée, il sera particulièrement critique entre 12 et 18 heures. Il vous est donc conseillé de garder une prudente réserve, tout en conservant l'attitude de la force tranquille et de la confiance en soi. Vous assisterez à la situation en spectateur, sans vous impliquer car vos émotions risquent de se teinter d'agressivité, voire de violence. La confiance, la patience et la sagesse seront de rigueur si vous voulez vivre au mieux cette journée.
La soirée, dès 18 heures, ne sera pas de tout repos ; certaines tâches ou certaines obligations inattendues devront être acceptées avec le sourire.

Heures défavorables : aucune en particulier.

Nicolas Sarkozy le 2 mai

analyse de Nicolas Sarkozy le 2 mai

Plan professionnel : les relations sont difficiles, sauf si certains objectifs sont vraiment partagés. La situation est difficile, mais elle peut s'améliorer. Il y a sans doute de nouveaux contacts intéressants avec l'étranger.
Plan matériel : Ceci peut marquer l'aboutissement d'une démarche laborieuse en attente depuis un moment, la fin d'un problème. Il ne faut rien engager de nouveau.
Plan intellectuel : Il peut y avoir évolution intérieure, spirituelle, intellectuelle ou de nouveaux concepts de vie.
Plan affectif : il existe des tensions émotionnelles avec en corollaire un risque de litige, voire de séparation. L'amitié est favorisée, surtout au sein d'un groupe qui adhère à une cause quelconque. Parfois, un contact du passé peut se rappeler à votre attention ou resurgir.
Plan physique/santé : il y a un risque de fatigue morale et physique importante, il y a de fortes tensions émotionnelles.
Lors de cette journée, et tout spécialement entre 8 et 18 heures, les nombres vous invitent à user à la fois de malice, de douceur et de fermeté. En effet, le destin, par des propositions ou des relations nouvelles, risque de vous tendre un piège. Vous pouvez considérer d'emblée qu'aucun contact nouveau ne tiendra dans le temps et que les promesses faites ne seront pas tenues.
Si vous vous engagez que ce soit dans un lien affectif ou une procédure judiciaire vous allez au-devant de déboires. Evitez aussi, au cours de cette période (toujours de 8 à 18 heures), de négocier avec vos supérieurs hiérarchiques. Vous seriez déçu par la manifestation d'une dureté, voire d'une cruauté, peut-être inhabituelle. Un conflit, avec ces derniers, provoquerait à long terme des entraves dans votre vie en général. Pour bien vivre ce cycle passager, ne prenez aucun risque. Vous gagnerez beaucoup au contraire à prier, à méditer, à vous instruire et à lire.
Vers 18 heures, une nouvelle période vous dégagera de cet état critique. Elle restera, cependant, fragile surtout sur le plan affectif. Vous serez un peu triste. Vivement ce soir très tard où, là, il semblerait y avoir une amélioration dans vos rapports avec l'élue de votre coeur.